Reprendre le contrôle de ses drivers

Les Drivers en situation de stress au travail 

Le concept des Drivers a été développé par Taïbi Kahler[1], psychologue et Analyste Transactionnel américain. Ses travaux cherchaient à répertorier et à classer les signes extérieurs émis par la personne lorsqu’elle se trouve dans une situation de stress.

Le Driver (ou Directive) fait partie des Contre-injonctions, c’est un message contraignant émis par l’Etat du Moi Parent du parent (père, mère ou figure parentale) pour éduquer son enfant. 

Les Drivers se regroupent en 5 catégories : « Sois parfait ! (Be perfect !) », « Sois fort ! (Be strong !) », « Dépêche-toi ! (Hurry up !) », « Fais effort! (Try hard !) », « Fais plaisir ! (Please !) ». 

Ces différents Drivers ont à la base une intention positive de la part des parents car ils permettent de structurer leur enfant en lui apprenant à se faire accepter en respectant l’acte conditionnel du message transmis : « Tu es quelqu’un de bien à mes yeux si… ». Il donne à l’enfant via un Signe de Reconnaissance conditionnel, une manière de se comporter conforme pour être en position OK+ dans la relation à l’autre selon la croyance du parent. 

Les Drivers font partie des messages que reçoit l’enfant qui vont être à l’origine de sa prise de Décision Scénarique qui déterminera son plan de vie dans sa relation à l’autre.

Nos Drivers vont ainsi orienter toutes nos actions au quotidien et se révèlent particulièrement présents dans les situations que l’on ne maîtrise pas, provoquant un effet de stress. 

Chacun possède 1 à 3 messages contraignants mais en zone de stress, c’est généralement un Driver dominant qui ressurgit et qui s’active en priorité.  Sorte de slogan qui résonne en nous, il va diriger nos pensées, nos émotions et notre comportement.

Chaque Driver a des effets positifs, lorsqu’il donne à la personne une efficacité spécifique or il devient rapidement nocif quand il bride les pensées et dirige les actions dans un sens unique sans laisser place à une certaine flexibilité et adaptabilité à la situation présente. Cette personne est alors insupportable pour les autres. 

Ce slogan est également négatif quand il est pris au premier degré, quand il véhicule un sous-entendu, un « sinon… » : «Sois Fort, sinon tu te feras écraser ».

Examinons les critères d’observation de chacun des 5 Drivers en situation de stress et voyons ses antidotes. En outre, ce n’est pas une personnalité permanente qui est présentée mais des comportements caractéristiques à chaque Driver lorsqu’il domine les pensées et actions de la personne.

Fais Effort

C’est « pourquoi faire simple quand on peut faire compliquer », l’importance ici n’est pas dans le résultat mais bien de faire des efforts en impliquant les autres dans ses tâches. 

Un manager ayant ce Driver avait tendance à travailler tard et sans relâche, il demandait beaucoup à ses collaborateurs sans leur laisser le choix : « On ne part pas tant que le travail ne sera pas fini! ». En réunion, qui duraient des heures, il passait le problème sous tous les angles en tergiversant et demandant l’avis des autres. 

Le côté positif est que sa forte endurance et son aplomb pouvait aider dans les situations d’urgence. Il investissait son énergie dans le projet et pouvait passer à un autre en déléguant la dernière phase à d’autres à condition qu’ils le suivent. 

Le slogan antidote serait : « Réussi à ta mesure. Est-on obligé d’en faire autant pour y arriver ? »

Sois Fort 

C’est « ne montre pas tes émotions, contrôle-toi ».  La personne ayant ce Driver paraît froide mais gère bien les situations de crise. 

Quand je travaillais en agence, les deadline étaient souvent très courtes, la plupart des collaborateurs étaient tendus, apeurés, stressés. Un collègue paraissait très froid, il ne montrait jamais ses émotions. Quand les autres fondaient en larmes, il les regardait d’un air surpris et méprisant, il ne semblait pas compatir, on l’appelait « le lézard ».

Le slogan antidote serait : « Sois plus ouvert aux autres, déverrouille-toi ! »

Sois Parfait 

C’est l’excès de rigueur, le but est de faire bien du premier coup car la personne sous ce Driver accepte mal les erreurs et les critiques. Se perdant dans les détails, il a du mal à prendre des décisions, à déléguer et à finir à temps. Il a tendance aussi à mettre la barre un peu haute. 

Une manager croulait sous le travail et ne savait plus comment s’en sortir. Elle ne souhaitait pas déléguer certaines tâches car elles ne savaient déjà pas lesquelles pouvaient l’être et « ne voulait que se fier à elle-même », disait-elle. 

Le slogan antidote serait : « Sois réaliste, tu ne peux pas tout faire ! »

Fais Plaisir

C’est l’angoisse de l’approbation, du jugement de l’autre. La personne emprise par ce Driver s’imagine les demandes et les réponses qui pourraient satisfaire son interlocuteur.  

J’avais une collègue qui me proposait constamment son aide alors qu’elle semblait être débordée de travail, me préparait un café pour me booster alors que je n’en buvais jamais, m’offrait des bonbons alors que j’évite d’en manger à longueur de journée… bref sans même tenir compte de mes goûts ni de mes besoins. Cela m’agaçait car elle était trop envahissante alors que d’autres la trouvaient très prévenante…

Le slogan antidote serait : « Pense aussi à toi (sans te mettre constamment à la place des autres)! »

Dépêche-toi

C’est « plus c’est vite fait, mieux c’est ! ». C’est un Driver chronophage, qui fait passer du coq à l’âne, avec des centaines d’idées à la seconde qui se succèdent.

Je me souviens d’un des fondateurs d’une entreprise P. qui avait été l’initiateur d’un projet innovant. Il était toujours pressé et constamment en mouvement, par monts et par vaux, impossible de le suivre ni de le joindre, il passait d’un sujet à l’autre sans jamais finaliser ses tâches, il déléguait beaucoup mais on n’avait jamais de retour de sa part… Par contre, il était force d’idées, comme une tornade, il apportait une énergie indéniable à l’équipe quand il était présent.

Le slogan antidote serait : « Pose-toi un peu, tu ne perdras pas de temps! »

Les Drivers sollicitent une énergie focalisée sur une crainte qui a pour effet le plus souvent d’inhiber l’accomplissement des objectifs.  Pour plus d’Autonomie, chacun devrait être plus attentif à ses Drivers. 

Un manager pourrait même aider ses collaborateurs à sortir de leurs propres messages contraignants en leur donnant des messages permissifs comme les antidotes indiqués plus haut ou bien leur confier des tâches en lien avec les points forts de leur(s) Driver(s) : 

  • Faire vérifier les détails d’un projet au « Sois parfait », 
  • Demander au « Dépêche-toi » de réaliser des réunions brèves et concises, 
  • Faire participer le « Fais plaisir » à la vie d’équipe, 
  • Demander au « Fais effort » de suivre un dossier complexe, 
  • Nommer le « Sois fort » responsable en situations de crise…  

[1]« Le miniscénario », Taibi Kahler, Editions Le journal de l’Analyse Transactionnelle, 1974

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